Blog Marc Van Uytvanck

Cher visiteur, en tant qu’indépendant, j’ai toujours été étonné comme les autorités publiques manquent d'imagination, ou prennent des décisions à l'emporte pièce sans vraiement réfléchir. ce blog n'a aucune prétention. Je souhaite simplement paratger certaines idées et créer lé débat.

J'aimerais évoquer deux sujets qui nous concernent tous.

  1. L’absurdité du déploiement de la fibre optique à Bruxelles.
  2. L’imposition d’une politique d’isolation des maisons à tout crin.

La fibre

Fibre optique : l’infrastructure du futur mérite une vision d’ensemble

Auderghem - 15/03/2026

Le déploiement de la fibre optique en Belgique constitue sans conteste l’un des chantiers structurants de notre époque. Il engage non seulement la compétitivité économique du pays, mais aussi l’organisation même de notre espace public.

À ce titre, il devrait relever d’une vision claire, cohérente et coordonnée.

Or, l’observation du terrain laisse apparaître une réalité plus contrastée.

Dans certaines rues, deux réseaux de fibre optique sont aujourd’hui déployés en parallèle : l’un en souterrain, notamment par Proximus, l’autre en façade, par Digi. Deux infrastructures distinctes, deux approches techniques, pour un service identique.

Cette coexistence interroge.

Elle interroge d’abord sur le plan économique :

est-il pertinent de dupliquer une infrastructure lourde là où une mutualisation serait envisageable ?

Elle interroge ensuite sur le plan de la cohérence territoriale :

les impacts en termes de travaux, d’occupation de l’espace public et de qualité visuelle diffèrent sensiblement selon les méthodes retenues, sans qu’une ligne directrice uniforme ne semble s’imposer.

Ce contraste est d’autant plus frappant que, dans le domaine des télécommunications mobiles, des formes de mutualisation existent déjà. L’opérateur Digi s’appuie ainsi sur le réseau 4G de Proximus.

Pourquoi, dès lors, cette logique ne pourrait-elle pas être étendue aux infrastructures fixes ?

Au fond, la question dépasse les seuls choix technologiques.

Elle touche à la nature même des réseaux numériques.

Ceux-ci ne peuvent plus être considérés comme de simples supports commerciaux. Ils constituent désormais une infrastructure essentielle, comparable aux réseaux routiers, énergétiques ou hydrauliques.

Dans ces domaines, la puissance publique joue un rôle structurant : elle planifie, organise et garantit une cohérence d’ensemble, tout en laissant à des acteurs privés le soin d’exploiter les services.

Une approche similaire pourrait être envisagée pour la fibre optique :

une infrastructure unique, pensée à l’échelle du territoire, ouverte à différents opérateurs dans un cadre régulé.

Une telle orientation permettrait de concilier plusieurs objectifs :

  • assurer une utilisation plus rationnelle des ressources
  • limiter les nuisances pour les citoyens
  • préserver la qualité de l’espace public
  • et offrir un cadre stable et équitable aux opérateurs

À l’inverse, la multiplication des réseaux parallèles donne le sentiment d’un développement fragmenté, où les initiatives individuelles prévalent sur une vision collective.

Or, l’infrastructure numérique que nous construisons aujourd’hui façonnera durablement nos villes et nos modes de vie.

Dès lors, une réflexion de fond s’impose :

quelle place souhaitons-nous accorder à la puissance publique dans l’organisation des réseaux du XXIe siècle ?

Liens utiles :
 BCO fiche info Deploiement de reseaux telecoms en facade
IBPT: https://ibpt.be/consommateurs

L'isolation de l'habitat

Isolation des logements : et si on prenait le problème à l’envers ?

Auderghem - 23/03/2026

À l’horizon 2033 (PEB E) et 2050 (PEB A), toutes les habitations belges devraient être isolées. L’objectif est louable, tant sur le plan climatique qu’énergétique. Mais sur le terrain, cette ambition se heurte à une réalité beaucoup plus complexe — et souvent ignorée.

Dans les villes, de nombreuses façades ne peuvent tout simplement pas être isolées par l’extérieur, pour des raisons urbanistiques ou patrimoniales. On impose donc une obligation tout en empêchant, dans certains cas, de la respecter. Quant à l’isolation par l’intérieur, souvent présentée comme une alternative, elle pose des problèmes bien connus : risques de condensation, ponts thermiques, perte de surface habitable.

À cela s’ajoute la question du coût. Tous les propriétaires n’ont pas les moyens de financer de tels travaux. Les primes annoncées pour accompagner cette transition ont d’ailleurs rapidement montré leurs limites : face à l’ampleur de la demande, les budgets n’ont pas suivi. Les aides diminuent, tandis que les exigences, elles, restent.

Plutôt que de poursuivre dans cette voie, une approche plus pragmatique mérite d’être envisagée.

Premier levier : responsabiliser les comportements.
À l’image du revenu cadastral, bien connu de tous, chaque habitation pourrait se voir attribuer un quota annuel de consommation énergétique, adapté à sa taille et à ses caractéristiques. Tant que ce quota est respecté, le prix de l’énergie reste normal. En revanche, dès qu’il est dépassé, le coût du kilowattheure augmente sensiblement. Ce mécanisme, simple et lisible, introduit une logique familière : chacun est libre de consommer, mais au-delà d’un certain seuil, cela a un coût. Il responsabilise directement l’occupant, sans imposer de travaux lourds. Chauffer son logement à 18 ou 19 degrés devient alors un choix rationnel, guidé non par la contrainte, mais par un signal économique clair.

Deuxième mesure : généraliser le double vitrage. Il subsiste encore trop de logements équipés de simples vitrages, responsables de pertes énergétiques importantes, alors que le remplacement reste relativement accessible.

Troisième axe : moderniser les systèmes de chauffage. Dans les zones urbaines, les chaudières à condensation devraient devenir la norme. Leur rendement est nettement supérieur, pour un investissement raisonnable.

Quatrième point : mieux piloter la température à l'aide d'une application. Les technologies actuelles permettent de gérer finement le chauffage, pièce par pièce, en fonction des besoins réels. Ces solutions sont simples à mettre en œuvre et offrent un retour sur investissement rapide.

À eux seuls, ces quatre leviers permettraient déjà de réduire significativement la consommation énergétique des logements, sans imposer de transformations lourdes.

Ce n’est qu’ensuite qu’il devient pertinent d’aborder l’isolation du toit, essentielle mais plus coûteuse. En permettant d’abord aux occupants de constater des gains concrets, on crée une dynamique positive qui facilite les investissements plus importants.

La transition énergétique est nécessaire. Mais elle ne peut réussir que si elle s’appuie sur le réel. Plutôt que des objectifs uniformes et difficilement atteignables, privilégions une approche progressive, fondée sur le bon sens, l’efficacité et la responsabilisation.

Liens utiles :
Homegrade
Exemple de gestion dynamique du chauffage: My Mode (*)

(*) Je ne roule pas pour eux mais je l'utilise.

Marc Van Uytvanck - Bruxelles -   mvu.vanuytvanck@gmail.com